Michel VAUZELLE

Député de la 16ème circonscription des Bouches du Rhône

Président de la Région Provence - Alpes - Côte d’Azur


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Et maintenant les allocations familiales !

Publié le 17 avril 2008

Le Gouvernement impose la rigueur aux plus modestes

Après l’augmentation du prix du gaz de 10% pour le seul premier trimestre de l’année 2008, après les couacs liés à la remise en cause de la carte « familles » de la SNCF, après son refus de rétablir la TIPP flottante pour limiter la hausse des prix du carburant, après l’étude du déremboursement des lunettes par la sécurité sociale, après la baisse des plafonds de ressources pour l’obtention d’un logement HLM... le Gouvernement - pour faire face « à la faillite de l’Etat » - s’attaque désormais aux allocations familiales.

A compter du 1er mai, les familles toucheront moins d’allocations pour leurs enfants adolescents. Jusqu’à présent, le système des allocations voulait que les familles d’au moins deux enfants touchent plus au moment de l’entrée dans l’adolescence de leurs enfants. L’augmentation fonctionnait en deux temps : une première majoration de près de 34 euros par mois quand l’enfant le plus jeune atteint l’âge de 11 ans, puis la majoration passe à 60 euros entre 16 et 20 ans.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, promulguée en décembre, prévoit non plus deux mais une seule majoration. Elle sera fixée d’entrée de jeu à 60 euros mais prendra effet à partir de 14 ans et non plus 11 ans. Pour les familles le calcul est vite fait. Le manque à gagner pour des parents dont le deuxième enfant aura 11 ans après le 1er mai s’élèvera à 587 euros entre la onzième et la vingtième année.

Les administrateurs de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), consultés pour avis en février, ont pourtant vivement désapprouvé à une très large majorité cette majoration unique qui s’exercera au détriment des familles. Le président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), est également et totalement opposé à cette mesure. Tous estiment que cette mesure est incompatible avec une politique familiale dynamique, volontaire et concertée.
Après la revalorisation de 1 % des prestations familiales le 1er janvier, jugée largement insuffisante par les associations et la remise en cause - abandonnée - de la carte familles nombreuses SNCF, le tour de vis commence à être rude pour les familles.

Ces mauvais coups portés aux revenus des familles ne sont sans doute pas terminés. En effet, des interrogations persistantes apparaissent sur les conditions de versement de l’allocation de rentrée scolaire (272 euros en 2007 pour les enfants de 6 à 16 ans), attribuée sous condition de ressources. Celle-ci pourrait à l’avenir être modulée en fonction de l’âge de l’enfant à la rentrée 2008, selon des montants qui ne sont pas encore déterminés.

Pour justifier de telles mesures qui remettent en cause le pouvoir d’achat de millions de familles, le Gouvernement avance « les caisses vides de l’Etat ». Cet argument est très surprenant lorsque l’on se rappelle que c’est la même majorité parlementaire qui conduit les affaires du Pays depuis plus de six ans désormais. Il est plus surprenant encore lorsque l’on se souvient que ce même Gouvernement a accordé, au cœur de l’été dernier, près de 15 milliards d’exonérations fiscales dont les principaux bénéficiaires ont été les ménages aux plus forts revenus.

Le Gouvernement fait aujourd’hui appel à la contribution des plus modestes pour faire face aux déficits publics. C’est injuste et profondément inéquitable !


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